02 septembre 2006

 

 

 

 

Hassan, Michel et Jean de La Fontaine

Bechir Oubary

 

Depuis qu'ils ont scellé leur entente en février dernier, Hassan Nasrallah et Michel Aoun ont toujours tenu à échanger de bons procédés. De cajoleries en câlineries et de minauderies en simagrées, ils s'amusent à conduire le pays à la catastrophe sous les vivats de l'apprenti dictateur de Damas et l'œil bienveillant de l'apocalyptique "enrichi" de Téhéran.

 

Au fil des jours, la frustration devenait, toutefois, de plus en plus manifeste du côté du Général qui avait, en nouant cette alliance, bravé le danger de choquer, voire de "violer" sa propre base chrétienne. Hélas, Le partenaire chiite semblait toujours agir avec une certaine réticence, sinon avec snobisme, à ses appels du pied incessants visant à créer rapidement les conditions lui permettant d'accéder au "trône" tant convoité de Baabda, ou du moins obtenir quelques strapontins au gouvernement.

 

Nasrallah avait entre-temps d'autres chats à fouetter: il préparait l'exécution de la "promesse sincère", opération funeste qui, malgré le carnage israélien et les destructions sans précédent, est célébrée aujourd'hui par une immensité de décérébrés néo-organiques comme une victoire qui va "changer le cours de l'histoire".

 

Aujourd'hui, les gazouillis des deux tourtereaux ont repris de plus belle. As-Sayed semble enfin répondre aux injonctions. Le Général commence du coup à adopter un ton de plus en plus frénétique et menaçant sans se rendre compte que le satisfecit obtenu cachait probablement une "promesse insincère" de la part d'un Nasrallah de plus en plus empêtré dans un mea-culpa mal digéré par ses sbires.

 

Que l'immense Jean de La Fontaine me pardonne de travestir l'une de ses plus belles fables pour illustrer mon propos:

 

Maître Corbeau (Michel), sur un arbre perché (Rabieh),

Tenait en son bec un fromage (une majorité des Chrétiens libanais).

Maître Renard (Hassan) par l'odeur (des chrétiens, s'entend) alléché,

Lui tint à peu près ce langage :

"Et bonjour Général du Corbeau

Que vous êtes joli! que vous me semblez beau!

Sans mentir, si votre ramage (le ton menaçant)

Se rapporte à votre plumage (la tenue militaire),

Vous êtes le phénix (plutôt le dindon!) des hôtes de ces bois»

A ces mots Michel ne se sent pas de joie;

Et pour montrer sa belle voix,

Il ouvre un large bec laisse tomber sa proie (il trahit encore une fois ses coreligionnaires)

Hassan s'en saisit et dit: "Mon bon Michel,

Apprenez que tout flatteur

Vit aux dépens de celui qui l'écoute:

Cette leçon vaut bien un fromage (popularité) sans doute."

Le corbeau honteux et confus

Jura mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus (Hélas, Michel n'en est pas encore là !)

 

Vos Commentaires

 

"george semaan" <geosem@hotmail.com> 

Date: Thu, 25 Jan 2007 15:11:48 -0600

   

J’ espere que le general se reveil avant d’etre trop tard.

BR

 

 

"Mash ___________________" <cool_bziz@hotmail.com> 

Date: Sat, 09 Sep 2006 16:10:31 +0000

    Genial cette Fable de La Fontaine revisitee.

Superbe.

Michele.