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Barack Obama peinera à rassurer ses alliés

Face à l’Iran, les Etats arabes du Golfe veulent des garanties. Ils critiquent la « naïveté » de la politique menée par le chef de la Maison-Blanche dans la région
mercredi 13 mai 2015



Une parade militaire à La Mecque. Le budget militaire annuel saoudien est estimé à 80 milliards de dollars. (Reuters)

Luis Lema

Et si, demain, l’Irak envahissait le Koweït, que feraient les Etats-Unis ? Réuniraient-ils une armada pour libérer ce minuscule pays, comme ils l’avaient fait en 1991 contre Saddam Hussein ? La question peut sembler farfelue. Mais, pour les pays arabes du golfe Persique, il suffit de remplacer aujourd’hui « Irak » par « Iran » pour que ce thème revête une actualité brûlante.

A quoi pense la grande puissance américaine ? C’est pour rassurer ses alliés dans la région (Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Qatar, Koweït, Oman et Bahreïn) que Barack Obama a décidé de les inviter tous à partir de ce jeudi à Camp David, dans sa résidence secondaire. L’invitation date de mars dernier : Washington venait de conclure un accord de principe avec Téhéran dans le dossier du nucléaire, qui pourrait redonner à l’Iran sa place « dans le concert des nations ». Qui pourrait surtout, craignent en fait les Etats du Golfe, alimenter ses coffres asséchés par les sanctions internationales et lui donner ainsi davantage de moyens pour mener ses guerres de proximité contre les Etats arabes sunnites.

C’est donc dans une ambiance d’amants trompés que devrait s’ouvrir cette réunion, une première dans ce cadre. Signe du malaise : la présence exclusive pendant une journée entière du président des Etats-Unis n’a pas suffi à convaincre le souverain saoudien Salmane de rejoindre l’assemblée, après avoir laissé entendre l’inverse. A 79 ans, le monarque n’est peut-être pas très enclin aux longues promenades dans les bois de Camp David. Et ce, surtout s’il est accompagné du commun des dirigeants des autres Etats du Golfe, parmi lesquels « le serviteur des deux saintes mosquées » (c’est son titre officiel) a toujours revendiqué une place à part.

Par ailleurs, d’autres chefs d’Etat, vieux ou malades, se sont aussi fait excuser. « Etant donné les objectifs de la réunion, et le caractère technique des discussions, ce sont les bonnes personnes qui se rendront à Camp David », nuance cependant Christian Koch, directeur du Gulf Research Center à Genève, en minimisant la portée de ces absences au plus haut niveau.

De fait, aussi bien l’Arabie saoudite (qui sera représentée notamment par Mohamed ben Nayef, le successeur désigné du roi et réel « homme fort » du pays) que le Qatar ou le Bahreïn enverront à la réunion de Camp David des membres de la nouvelle génération. Autant de princes héritiers qui, en réalité, dictent déjà une bonne partie de la politique de ces Etats, notamment lorsqu’il s’agit de contrer les appétits supposés de l’Iran dans la région.

Résultat : au Bahreïn, en Syrie et désormais au Yémen, où une coalition arabe a pris les armes contre l’avancée des houthistes (soupçonnés d’être épaulés par l’Iran), les Etats du Golfe ont commencé de montrer des signes d’émancipation vis-à-vis du grand parrain américain.

« Vu d’Arabie saoudite, toute la région est en train d’imploser, à cause notamment de la grande naïveté dont fait preuve l’administration américaine vis-à-vis de l’Iran », affirme Christian Koch. Il poursuit : « Barack Obama ne pense qu’à la conclusion de l’accord sur le nucléaire [prévu le 30 juin]. Mais en attendant, il laisse faire l’Iran, sans exiger de lui le moindre geste concret, que ce soit en Syrie ou au Yémen. »

Rassurés, les Etats du Golfe auraient voulu l’être en bonne et due forme, par le biais, rêvaient-ils, d’une alliance militaire qui aurait fonctionné sur le modèle de l’OTAN, une attaque contre l’un des membres signifiant des représailles de tous les autres. Or, pour Washington, il n’en est pas question. D’abord parce que la région est trop mouvante, mais surtout parce que ce privilège est réservé au seul Etat d’Israël. Le Congrès et les lobbies pro-israéliens veillent.

Ce sont ces réticences américaines à tout engagement écrit qui expliqueraient notamment l’absence du roi Salmane. Cette « tiédeur » de Washington éclaire aussi la rapidité de l’intervention des Saoudiens au Yémen, qui s’est déroulée en partie contre la volonté des Etats-Unis.

Une région du Golfe affranchie de la tutelle américaine ? Ce n’est pas pour demain. A Camp David, on insistera notamment sur la nécessité de collaborer dans le domaine du renseignement : les cyber­attaques menées par l’Iran effraient désormais tout autant ces pays qu’une guerre conventionnelle.

Mais surtout, les monarchies du Golfe réclament davantage d’armes hautement technologiques. Avec un budget militaire annuel estimé à 80 milliards de dollars (six fois plus que l’Iran), l’Arabie saoudite reste l’un des meilleurs débouchés pour les armes américaines, et pour les instructeurs militaires nécessaires pour les faire fonctionner.

Le Temps


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