16 Avril 2007

 

 

 

 

 

 

Euclide, le Hezbollah et l'illusion d'optique

Bechir Oubary

 

Les Libanais sont empêtrés aujourd'hui dans un problème qui dépasse leur entendement. Confrontés depuis de longs mois à deux visions globales et antagonistes, ils cherchent désespérément une solution qui permette de concilier l'irréconciliable.

 

Depuis plus de deux ans, ils sont presque involontairement happés dans une logique binaire capable de générer à l'infini des arguments qui finissent par se neutraliser mutuellement non sans avoir été longtemps ânonnés par les tenants des deux camps opposés.

 

On est donc en présence de deux lignes parallèles que rien ne semble pouvoir réunir. C'est tout à fait logique, puisqu'il est admis depuis Euclide que les parallèles situées dans un même plan et prolongées à l'infini, ne se rencontrent jamais. C'est du moins, ce que les humains qui ont eu la chance d'aller à l'école ont, depuis toujours, appris dans les classes de géométrie.

 

La solution, par conséquent, consiste à faire croiser ces deux lignes parallèles, même s'il nous faut pour cela défier toute logique et ignorer l'existence même du fameux postulat d'Euclide.

 

Que faire ?

 

Aussi étrange que cela puisse paraître, la solution est toute simple. Prenons, à titre d'exemple, le cas du Hezbollah: pour lui le problème des lignes parallèles est d'une grande banalité, voire sans objet. Non qu'il veuille contredire coûte que coûte le fondateur de la Géométrie, il considère tout simplement que son postulat est quelque peu tronqué et qu'il ne reflète qu'une vérité toute relative !

 

En effet, ce parti qui a été conçu dans les couveuses divines peut tout à loisir affirmer et sans la moindre hésitation que si Allah le voulait, il pourrait faire converger en un seul point toutes les lignes parallèles tracées depuis l'aube de l'humanité.

 

En cela, rien d'étonnant puisque nous sommes déjà habitués à le voir brandir à tout bout de champ la volonté divine, sans oublier souvent de la confondre avec celle de son mentor Ali Khamenei, afin de clouer le bec à ses détracteurs.

 

Mais, suivons pour une fois le parti d'Allah dans sa logique en y instillant toutefois une petite rectification. Regardez bien l'illustration ci-dessus et vous serez étonnés de constater que des lignes parfaitement parallèles peuvent parfois donner l'illusion de converger (comparez les 2 à 2 pour vous en assurer). Sauf que pour créer cette illusion d'optique, nous n'avons pas besoin d'instrumentaliser comme lui la puissance divine puisqu'il suffit d'une simple petite astuce (les carrés intercalaires).

 

De la même manière, il revient au Hezbollah et à lui tout seul d'inventer l'astuce qui lui permette de renoncer à son optique d'un autre âge, de tendre la main aux autres Libanais et de construire avec eux le destin que la géographie impose. Les lignes parallèles n'auront plus alors besoin de se croiser puisqu'elles peuvent tout simplement se superposer par la volonté commune des Libanais.

 

La couleur orange de l'illustration n'est pas fortuite. Tout ce qui précède s'applique tout aussi bien aux partisans de Michel Aoun. Il leur suffit, eux aussi, de cesser de se précipiter tels des moutons dans le marécage où Hassan Panurge a commencé par entraîner leur chef.

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